Conjoint/Conjointe d’expatrié : Comment retrouver son propre ancrage

Suivre sa moitié dans un autre pays et devenir expatriés ensemble est un projet excitant et bouleversant.

Que ce soit pour des raisons professionnelles, familiales ou personnelles, s’expatrier à deux constitue une étape importante de la vie de couple et bouscule les habitudes que l’on connaissait jusqu’alors.

Cependant, au sein d’un couple, il arrive que les deux partenaires ne vivent pas l’expatriation de la même manière…

Les situations sont nombreuses : suivre son partenaire dans un projet professionnel ou familial, réaliser ensemble un projet professionnel, partir sur un coup de tête, retrouver le pays d’origine de l’un ou encore s’engager dans le défi d’une double carrière à l’étranger.

Et derrière cette diversité de parcours, une réalité commune demeure : le déracinement force chacun à redéfinir sa place.

Être le “conjoint de” : quand la place dans le couple se modifie

Dans les cas où l’on décide de suivre son partenaire dans un projet professionnel ou personnel, notre place change. On peut être amené à mettre sa carrière en pause, à quitter sa famille, ses proches, ses habitudes…pour pouvoir suivre et soutenir sa moitié.

Une sensation particulière peut alors se manifester : celle d’être “le conjoint de”.

La dynamique du couple bascule alors et glisse vers une asymétrie qui n’est pas sans conséquences :

  • Incompréhensions et conflits : le vécu de l’expatriation peut être radicalement différent pour les conjoints et il n’est parfois pas aisé de réellement entendre et comprendre ce que vit l’autre, alimentant alors des tensions.

  • Éloignement : les différences de quotidiens et de ressentis, entraînant des incompréhensions au sein du couple, contribue à éloigner les partenaires l’un de l’autre et le dialogue devient plus difficile.

  • Ressentiments, reproches et culpabilité : le “conjoint suiveur” peut éprouver des ressentiments ou une rancœur envers son partenaire : “J’ai tout quitté pour te suivre”, “J’ai mis ma vie en pause pour tes projets”. L’autre peut également reprocher une certaine ingratitude ou un manque de discernement : “Tu n’es jamais content/contente de toute façon !”, “Pourquoi as-tu accepté de me suivre dans ce cas-là?”

  • Sensation d’être inutile, illégitime : il peut être difficile de trouver sa place ou de trouver du sens, questionnant alors sur sa légitimité et la raison de sa présence dans ce nouveau pays. La place dans le couple peut également être remise en question, entraînant une véritable crise de couple.

Notre place se retrouve modifiée et doit se redéfinir, ce qui est souvent source de conflits de couple mais également de souffrance psychique.

Conjoint suiveur expatrié : quel impact sur la santé mentale ?

L’expatriation est, en soi, une véritable épreuve qui chamboule beaucoup de choses en nous et nous transforme.

Lorsque le couple se lance dans une telle aventure, les choses se compliquent et la position de “conjoint suiveur”, particulièrement éprouvante et difficile à tenir, rajoute un poids supplémentaire.

Au niveau personnel, on peut remarquer de nombreuses conséquences de cette expatriation singulière :

  • Une perte de confiance en soi : loin de nos repères et de notre fonctionnement habituel, on peut perdre confiance en nos capacités. L’image de “conjoint suiveur” peut être difficile à accepter et impacter la perception de nous-même, attaquant l’estime de soi.

  • La sensation d’être perdu : face à la réalité de notre nouvelle vie, on peut se mettre à questionner nos choix, à ne plus réellement savoir là où on en est ni ce que l’on veut vraiment. Nos projets de vie peuvent paraître flous ou obsolètes.

  • Une remise en question de soi et parfois de son couple : parmi les doutes qui nous assaillent, on peut se remettre en question : “Est-ce que c’est moi le problème ?”, “Est-ce que j’en fais trop ou pas assez ?” ou s’interroger sur l’état du couple : “Est-ce vraiment la bonne personne pour moi ?”, “Est-ce qu’on devrait se séparer ?”

  • Une difficulté à se retrouver : face à toutes ces incertitudes et à cette nouvelle vie, on peut avoir du mal à trouver sa place, à trouver du sens à ce que l’on fait et à notre vie de façon plus générale. On peut avoir la sensation de se perdre soi-même, de vivre dans une dynamique de sacrifice.

Autant de choses qui créent un véritable séisme intérieur, provoquant parfois une crise identitaire majeure qui réveille parfois d’anciennes et profondes blessures.

Pourquoi le conjoint suiveur souffre-t-il souvent en silence ?

Il existe une solitude très spécifique à cette position de conjoint suiveur.

Souvent, le partenaire “actif” est accaparé par ses nouvelles responsabilités professionnelles, la découverte de son poste et l’excitation de ses journées.

De son côté, le conjoint suiveur se retrouve face au vide et aux démarches logistiques quotidiennes.

Par amour, ou pour ne pas “gâcher” la chance de ce projet commun, beaucoup de conjoints suiveurs s’enferment dans le silence. Ils n’osent pas exprimer leur mal-être ou leur sentiment d’isolement, de peur de culpabiliser l’autre ou de paraître ingrats face à cette opportunité de vie à l’étranger.

De la même manière, il peut être difficile de parler à ses proches et de se confier sur ce que l’on vit et ressent, ce qui prive d’un soutien émotionnel pourtant nécessaire.

C’est précisément ce silence qui s’enkyste et qui nourrit la souffrance psychique.

En consultation, le travail ne cherche pas à effacer la réalité concrète de votre expatriation, mais à comprendre ce que ce déracinement réactive en vous.

Souvent, la perte brutale des repères extérieurs (le statut social, le travail, le réseau amical) oblige le psychisme à se confronter à ses propres failles. C’est un moment inconfortable, mais c’est aussi le point de départ d’une profonde reconstruction.

Crise identitaire du conjoint suiveur : le réveil des blessures passées

L’expatriation agit souvent comme un amplificateur de nos vulnérabilités intérieures.

En bousculant notre monde et nos repères, notre psychisme se retrouve lui aussi sous l’effet de ce bouleversement et ce qui était enfoui peut remonter à la surface :

  • des blessures et carences affectives anciennes
  • une angoisse d’abandon, de rejet
  • un vécu douloureux d’invisibilisation dans l’enfance
  • une angoisse liée à la dépendance (notamment financière) vis-à-vis de l’autre

Ainsi, le passé rencontre la réalité du quotidien.

Comment la thérapie en ligne peut vous aider ?

Ce bouleversement identitaire n’est pourtant pas une fatalité.

S’il est souvent éprouvant, il représente aussi une opportunité précieuse d’explorer ces zones d’ombre pour enfin s’autoriser à se reconstruire, à sa juste place.

Entamer une thérapie de couple peut être particulièrement bénéfique afin d’aider chacun des partenaires à mieux se comprendre et à rétablir un dialogue efficace et bienveillant.

Au niveau personnel, échanger avec un professionnel qui comprend les spécificités de la vie à l’étranger permet de mettre du sens sur ce que l’on vit et ressent au quotidien.

La thérapie en visio vous offre un suivi personnalisé et adapté à votre réalité d’expatrié, pour vous aider à traverser ces difficultés à votre rythme, où que vous soyez dans le monde.